Rencontre avec...
J'ai toujours eu l'envie d'écrire. A treize ans j'ai rédigé un premier roman complet sur des cahiers d'écolier.
Mais dès l'enfance je prenais des notes sur tout ce que je voyais, sur les événements importants pour moi, les émotions, les voyages effectués avec mes parents.
Ecrire était alors un moyen de retenir le temps qui passe, l'instant qui disparait. Un moyen de vivre. Une manière de faire écho à la réalité pour l'apprivoiser.
Les choses ne me semblaient exister vraiment qu'une fois écrites.
J'avais le sentiment que l'écriture menait au réel. Je crois encore, de manière différente, aujourd'hui, que l'écriture ou l'art sont des façons de créer le monde.
Sans les tableaux de Turner, personne ne croirait que Londres est une ville embrumée. Et Oscar Wilde a inventé le mythe de l'homosexuel qui n'existait pas avant lui.
Non. A 18 ans j'ai commencé un nouveau roman, plus construit que le précédent.
Et j'ai eu la chance de trouver un éditeur deux ans plus tard, après quelques mois de recherche.
L'exposition de soi que représente la visibilité d'une œuvre m'a donc très tôt été familière.
Je n'ai pas arrêté de publier depuis lors, un ou plusieurs livres par an.
Mais la visibilité n'est pas très importante pour moi. C'est l'aboutissement d'un travail.
Ce que j'aime dans l'écriture c'est l'acte d'écrire, de sortir du temps, cette sorte de méditation dans laquelle je me retrouve pendant des heures, un moment où l'on frôle l'éternité puisque le temps est aboli.
Je travaille actuellement sur une biographie de Duncan Grant.
Il s'agit en fait de mémoires apocryphes de ce peintre membre du groupe de Bloomsbury.
Je suis grandement aidé dans cette tâche par la fréquentation de la famille de Duncan : Angelica Garnett, sa fille, qui vitg actuellement à Forcalquier, est aussi la nièce de Virginia Woolf (elle est née de Duncan Grant et de Vanessa Bell, sœur de Virginia).
A travers le regard de Duncan, mon livre sera aussi une évocation des autres membres du groupe : Maynard Keynes, l'économiste visionnaire, Lytton Strachey, Vanessa Bell bien sûr, et David Garnett, qui fut l'amant de Duncan et finalement l'époux d'Angelica.
Rapidité, efficacité, sobriété de la fabrication.
Je préfère les livres qui mettent en valeur le texte sans considérer le livre comme un « produit de grande consommation », ce qu'il est hélas devenu objectivement.
Edition libre, 90 % de droits d'auteur.